Alexandre 1er: Marseille et son devoir de mémoire - 2ème partie

La dalle en bronze.

L’attentat d’octobre 1934, qui a coûté la vie au roi de Yougoslavie Alexandre 1er et au ministre français des affaires étrangères Louis Barthou, avait eu un retentissement mondial en ces temps d’instabilité politique. Un tel événement en son sein marque à jamais le destin d’une ville. Mais à l’heure de commémorer les 90 ans de cette tragédie, de quelle façon Marseille perpétue le souvenir de cette journée funeste afin d’accomplir son devoir de mémoire?
Pour le savoir, notre journaliste Calendau est allé explorer la ville, avec en poche, quatre cartes postales comme autant de quêtes à effectuer.
Après l’article sur les plaques commémoratives et les candélabres, paru la semaine dernière, évoquons aujourd’hui la plaque en bronze sur la chaussée.

Les documents de référence

En mars 1935 parait dans l'hebdomadaire l'Illustration, un article évoquant la mise en place sur la chaussée d'une plaque en bronze qui marquera précisément l'endroit précis du drame survenu un an plus tôt.
Cette dalle apparait dans le reportage télévisé de 1954, "20ème anniversaire de l'attentat contre le roi de Yougoslavie", visible sur le site de l'INA (voir lien plus bas) et dont voici une copie d'écran.

La présence de cette plaque sur la chaussée sera attestée par certaines cartes postales dont voici trois exemples.

Sur les lieux

Le temps est pluvieux aujourd'hui. Je quitte les locaux du journal, avenue des Goumiers, jusqu'à l'arrêt "Lapin Blanc" du bus 44. Il y a bien des années, le terminus se situait à la rue des Fabres, "derrière" la Canebière. Par ce temps maussade, cela m'aurait bien arrangé, je l'avoue. Mais désormais, il me faut descendre au rond point du Prado pour prendre le métro, et changer à Castellane. Me voilà enfin arrivé sur le Vieux-Port. Je remonte la Canebière jusqu'au niveau de palais de la Bourse. Et là, il faut bien me rendre à l'évidence: la plaque en bronze a tout simplement disparu.
Je scrute le moindre centimètre carré de la chaussée, ignorant les remontrances fleuries des automobilistes contraints de faire des zigzags pour m'éviter: rien, aucune trace, aucun relief trahissant la présence d'une plaque enfouie. La chaussée est parfaite. Du bon travail assurément, de la part des services techniques. Et la plaque dans tout ça? Où est-elle donc passée? A t'elle été noyée sous l'enrobé, ou retirée avant la réfection de la voie? Dans ce cas, où a t'elle été entreposée? A t'elle été fondue pour servir à la sculpture du Pouce de César à Bonneveine, ou à "la femme à la tortue" de la Vieille Chapelle? Et c'est avec ces questions pour l'instant sans réponse que je décide de revenir au journal, la pluie ayant redoublé d'intensité.

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